La norme NF C 15-100 fixe le tableau électrique de chaque logement : emplacement dans la gaine technique, deux interrupteurs différentiels 30 mA au moins, un disjoncteur par circuit et 20 % de places libres pour tout équipement futur. Mise à jour en 2024, elle encadre la sécurité de chaque installation neuve ou rénovée.
- Le tableau se loge dans la GTL, près de l'entrée, jamais dans une salle de bain.
- Huit circuits au plus sous chaque interrupteur différentiel 30 mA, type A pour la cuisson, le lave-linge et la recharge.
- Une réserve de 20 % d'emplacements accueille la borne, la pompe à chaleur ou l'onduleur solaire.
- Un tableau ancien conforme à la règle de son époque n'a pas à être refait.
Ces exigences viennent de l'amendement A5 de 2015, mise à niveau reprise presque à l'identique par la partie habitation de la nouvelle version de la norme (NF C 15-100-10), en vigueur depuis le 1er septembre 2025 en France. Elles valent pour la construction neuve comme pour une rénovation complète, et le Consuel vérifie la conformité avant la mise en service de l'électricité. Le cadre général de la norme électrique se trouve dans la présentation de la NF C 15-100 et de son PDF ; ici, seul le tableau est traité.
Où placer le tableau électrique : GTL et espace technique du logement
Le tableau électrique d'un logement s'installe dans la GTL, la gaine technique de logement. Depuis 2015, la norme réserve d'abord un volume, l'espace technique électrique du logement (ETEL), puis y loge la GTL, qui en est la matérialisation. Ce volume accueille les équipements de puissance, de communication et de gestion technique, avec les arrivées et les départs des circuits.
- Dimensions minimales de l'ETEL : 600 mm de largeur et 250 mm de profondeur, sur toute la hauteur, du sol au plafond.
- Contenu de la GTL : le tableau de répartition, le disjoncteur de branchement et le compteur quand ils sont dans le logement, le coffret de communication.
- Emplacement : près de l'entrée, facilement accessible, jamais dans une salle de bain ni sous un escalier ; une gaine cloisonnée se tient à 10 cm au moins d'une installation de gaz, 40 cm d'une source de chaleur et 60 cm d'un point d'eau, selon le guide de Schneider Electric.
- Exception utile en rénovation : la gaine n'a pas à monter sur toute la hauteur si les câbles arrivent et partent uniquement par le haut, ou uniquement par le bas.
Schneider Electric et Legrand, deux fabricants de référence du matériel électrique résidentiel, vendent des GTL prêtes à poser, avec un bac de 250 mm de profondeur qui monte du sol au plafond : une solution simple pour garantir l'exigence de dimensions dans un bâtiment neuf.
Le coffret de communication, qui regroupe les réseaux de communication (box, brassage RJ45, répartiteur TV), se place dans la gaine technique du logement, en général sous le tableau électrique. La norme demande aussi un espace attenant pour les équipements actifs : box optique, switch, amplificateur. Un tableau isolé dans un placard de cuisine, loin du coffret de communication, ne respecte donc pas la norme dans un logement neuf.
Disjoncteur de branchement, coupure d'urgence et hauteur des commandes
Le disjoncteur de branchement, ou disjoncteur d'abonné, aussi appelé AGCP (appareil général de commande et de protection), se place en tête de l'installation électrique, juste après le compteur. Il assure la coupure d'urgence de tout le logement et protège le réseau de distribution contre les surcharges. Réglé par le gestionnaire du réseau selon la puissance souscrite par l'abonné, ce disjoncteur d'abonné reste plombé : son remplacement ne se fait pas sans le distributeur. Chaque local indépendant qui contient des pièces principales, par exemple un studio aménagé dans une dépendance, doit posséder son propre dispositif de coupure d'urgence, actionnable depuis l'intérieur.
La manette du disjoncteur de branchement se situe entre 0,90 m et 1,80 m du sol fini, d'après la fiche de Legrand consacrée au tableau. L'objectif est double : une commande à portée de main en cas d'incident, et une accessibilité correcte pour une personne en fauteuil dans un logement neuf. Le tableau reste visible et dégagé : aucun meuble fixe devant, aucune porte de placard verrouillée.
Combien d'interrupteurs différentiels 30 mA, et de quel type ?
La norme impose au moins deux dispositifs différentiels à haute sensibilité (30 mA au plus) dans chaque logement, quelle que soit sa surface. Ces interrupteurs différentiels protègent les personnes contre les contacts indirects et les courants de fuite à la terre. Trois règles décident de leur nombre réel dans le tableau.
- Huit circuits au plus par différentiel. Au-delà, un interrupteur différentiel supplémentaire s'impose. La limite évite les déclenchements intempestifs dus au cumul des petites fuites des appareils.
- Éclairage et prises répartis sous deux différentiels au moins. Si un défaut fait déclencher un dispositif, une partie de l'éclairage et des prises de courant reste alimentée : c'est la continuité de service.
- Type A pour les circuits sensibles. La plaque de cuisson ou la cuisinière, le lave-linge et la borne de recharge du véhicule électrique passent sous un différentiel de type A (ou F, ou B). Les autres circuits acceptent un type AC au minimum.
Le calibre de chaque interrupteur différentiel se calcule. Par rapport à l'amont, il est au moins égal au calibre du disjoncteur de branchement. Par rapport à l'aval, il dépasse la somme des calibres des circuits de chauffage direct, d'eau chaude sanitaire et d'IRVE, plus la moitié de la somme des calibres des autres circuits. Dans l'exemple de T3 chauffé à l'électricité publié par Promotelec, le tableau aligne deux interrupteurs de 63 A de type AC et un de 40 A de type A. Ce calcul relève de la conception de l'installation par un électricien professionnel, qui doit adapter chaque calibre au besoin réel du logement et le revoir à chaque ajout de circuit. Le tableau ci-après reprend les circuits concernés ; le raisonnement complet figure dans le choix entre différentiel type A ou AC selon le circuit.
| Circuit | Type de différentiel 30 mA | Motif |
|---|---|---|
| Plaque de cuisson, cuisinière | A (ou F, ou B) | Électronique de puissance, courants de défaut non sinusoïdaux |
| Lave-linge | A (ou F, ou B) | Moteur piloté par électronique |
| Borne ou prise de l'IRVE (voiture électrique) | A au moins, un dispositif par point de recharge | Partie NF C 15-100-7-722 |
| Pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine à variateur | F recommandé | Variateur de vitesse monophasé |
| Éclairage, prises, chauffe-eau, volets, VMC | AC au minimum | Charges classiques |
Un disjoncteur par circuit et des sections accordées au calibre
Chaque circuit du tableau électrique reçoit sa propre protection électrique contre les surintensités, assurée obligatoirement par un disjoncteur divisionnaire : le porte-fusible n'a plus sa place dans une installation neuve. Le disjoncteur coupe en cas de surcharge ou de court-circuit, et son calibre dépend de la section des conducteurs qu'il protège, jamais l'inverse.
- Circuit d'éclairage : conducteurs de 1,5 mm², disjoncteur 16 A au plus, 8 points lumineux par circuit.
- Circuit de prises de courant : 8 socles au plus en 1,5 mm² sous 16 A, 12 socles au plus en 2,5 mm² sous 20 A, chaque socle valant pour un.
- Prises de la cuisine : les 6 socles du plan de travail ont leur circuit dédié en 2,5 mm².
- Circuits spécialisés : lave-linge, lave-vaisselle, four, chauffe-eau sur des circuits séparés en 2,5 mm² et 20 A ; plaque de cuisson en 6 mm² et 32 A en monophasé.
Un circuit spécialisé, équipé de son propre disjoncteur, sert à alimenter un seul appareil électrique. Cette règle de la norme évite qu'un four et un lave-vaisselle en marche ensemble ne fassent déclencher un disjoncteur commun. La VMC dispose également de son circuit, qui reste sous tension jour et nuit.
Repérage des circuits : un tableau lisible par le prochain électricien
Le repérage des circuits fait partie des obligations du tableau électrique : chaque disjoncteur et chaque interrupteur différentiel porte une étiquette qui indique la pièce ou l'appareil desservi (cuisine, chambre 1, chauffe-eau, VMC). La norme NF C 15-100 demande que les dispositifs de protection soient identifiables, afin qu'une personne puisse couper le bon circuit sans tâtonner lors d'une intervention ou d'un incident, condition de sa sécurité. Un tableau sans étiquettes reste une anomalie fréquente des diagnostics électriques de vente.
Le schéma de l'installation complète ce repérage. Il indique, pour chaque départ, le calibre du disjoncteur, la section des conducteurs et le différentiel de rattachement. L'électricien le remet au client à la fin du chantier et le tient à jour à chaque modification ; glissé dans la porte du coffret, il sert à chaque évolution de l'installation : ajout d'une borne de recharge, d'une climatisation ou d'un circuit de production solaire. Il évite aussi la principale erreur des modifications faites sans plan, le dépassement des huit circuits sous un même différentiel.
Le capot du tableau, enfin, couvre toutes les parties sous tension : aucune borne ni aucun conducteur ne reste accessible au toucher, et seules les manettes dépassent. Ce contrôle visuel figure parmi les premiers vérifiés par le Consuel sur une installation neuve.
Réserve de 20 % : pourquoi le tableau garde des places libres
La réserve concerne tout tableau électrique résidentiel : un tableau électrique neuf garde au moins 20 % d'emplacements libres en maison individuelle ; en logement collectif, elle peut se limiter à 6 modules. Ces modules libres servent aux ajouts futurs, chacun avec un usage différent : borne de recharge, pompe à chaleur, circuit de production photovoltaïque, protecteur d'arc. La norme parle d'un pourcentage d'emplacements, pas d'une rangée vide obligatoire : un coffret de quatre rangées de 13 modules garde donc une dizaine de modules disponibles, répartis là où le câblage le permet. Dans le résidentiel, cette exigence évite de changer de coffret au premier projet d'efficacité énergétique.
La réserve pèse lourd sur un site consacré à l'énergie solaire. Un onduleur raccordé au tableau demande un disjoncteur dédié, parfois un interrupteur différentiel propre et un parafoudre, selon le guide UTE C 15-712 qui encadre le raccordement d'une installation photovoltaïque. Un tableau électrique saturé oblige à ajouter un coffret, donc à refaire une partie du câblage.
Ce que la version 2024 ajoute au tableau électrique
La version 2024 de la norme, publiée par AFNOR en août 2024 sous la forme d'une série de 21 normes pour les installations électriques à basse tension, garde la structure du tableau électrique définie en 2015 pour les bâtiments d'habitation. Une partie nouvelle, la NF C 15-100-8-1, traite également de l'efficacité énergétique de l'installation, sans obligation pour le logement. Elle ajoute aussi des équipements que le tableau doit pouvoir accueillir, selon la synthèse publiée par la CAPEB en décembre 2024 :
- Le différentiel de type F, au moins équivalent au type A, pour les circuits qui alimentent un variateur monophasé (pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine), moins sensible aux déclenchements intempestifs.
- Le protecteur d'arc (AFDD ou DPDA), recommandé sur les circuits de prises dans des lieux à risque d'incendie et sur des équipements alimentés en permanence comme une VMC ; il s'installe dans le tableau, à l'origine du circuit protégé.
- L'IRVE (infrastructure de recharge pour voiture électrique), qui a sa propre norme, la NF C 15-100-7-722 : une ligne spécialisée et un dispositif 30 mA propre à chaque point de charge, partagé avec aucun autre usage.
- Le parafoudre : un parafoudre supplémentaire est recommandé pour un équipement situé à plus de 10 m du parafoudre de tête (30 m auparavant), et le réseau de communication en cuivre doit être protégé dès qu'un parafoudre équipe l'installation électrique.
Les dates qui déclenchent l'application de ces textes sont détaillées avec le calendrier d'application de la nouvelle NF C 15-100 sur un chantier, et le site du Consuel, qui contrôle les installations neuves et rénovées, publie ses propres consignes.
Mettre aux normes un tableau ancien : les points contrôlés
La norme NF C 15-100 n'est pas rétroactive : un tableau électrique conforme à la règle de son époque n'a pas à être refait, même si AFNOR a publié une version plus récente depuis. La mise aux normes devient nécessaire lors d'une rénovation totale, d'une extension avec création de circuits, ou quand le diagnostic électrique d'une vente ou d'une location relève des anomalies. En France, l'électricien qui réalise ces travaux adapte le matériel au bâtiment existant ; les vérifications prioritaires sur un tableau ancien, pour la sécurité, sont les suivantes.
- La présence d'un dispositif différentiel 30 mA en tête de tous les circuits, salle de bain comprise.
- Le remplacement des fusibles par des disjoncteurs divisionnaires adaptés à la section des fils de l'installation électrique.
- Une prise de terre de résistance correcte et un conducteur de protection raccordé à chaque circuit.
- L'absence de conducteur nu ou de borne accessible au toucher, capot du tableau en place.
Le remplacement d'un tableau entier reste une modification importante : la composition des circuits, la répartition sous chaque dispositif et la connexion à la terre se reprennent entièrement, ce qui rend nécessaire une conception simple et documentée, avec un schéma remis au client. Ce chantier relève d'un électricien professionnel, dont la formation couvre la conception du tableau et le calcul des calibres ; pour une rénovation totale, le client reçoit aussi l'attestation de conformité visée par le Consuel. Pour les travaux, le tableau neuf s'installe de préférence dans une GTL complète, y compris dans une habitation qui n'en avait pas, pour réserver la place des équipements à venir : stockage par batterie, gestion de l'énergie, ou autoconsommation solaire avec stockage.
Tableau NF C 15-100 : différentiels, réserve et salle de bain en questions
Combien de circuits peut-on mettre sous un interrupteur différentiel ?
Huit circuits au plus par interrupteur différentiel 30 mA, d'après la norme NF C 15-100. Au neuvième circuit, il faut un différentiel supplémentaire, et le calibre de chacun se vérifie avec la règle de calcul amont ou aval.
Le différentiel de type AC est-il encore autorisé ?
Le type AC reste admis pour l'éclairage, les prises et les circuits classiques. La plaque de cuisson, le lave-linge et la recharge du véhicule électrique demandent un type A au minimum, et le type F est recommandé pour les équipements à variateur.
Faut-il une rangée entière de réserve dans le tableau ?
La norme demande 20 % d'emplacements libres dans un logement individuel, et 6 modules au moins dans un logement collectif. Ces places peuvent se répartir sur plusieurs rangées du tableau.
Quelle version de la norme s'applique à mon tableau électrique ?
La version applicable dépend d'une date : celle du dépôt du permis de construire, à défaut celle de la déclaration préalable, de la signature du marché ou de l'accusé de réception de commande. Si cette date est postérieure au 31 août 2025, les textes de 2024 s'appliquent. Le Consuel les retient depuis septembre 2025 pour les locaux rénovés et depuis avril 2026 pour la construction neuve, sauf déclaration contraire de l'installateur.
Le tableau électrique peut-il aller dans la salle de bain ?
La gaine technique du logement qui reçoit le tableau ne se place ni dans une salle de bain ni sous un escalier. Elle se situe de préférence près de l'entrée, en un endroit facilement accessible.

