Faut-il un différentiel type A ou AC ? Les deux : un type AC protège l'éclairage, les prises et les radiateurs, tandis qu'un type A, obligatoire sur les plaques de cuisson, le lave-linge et la borne de recharge, détecte aussi les fuites de courant à composante continue des appareils électroniques. Tout tableau électrique conforme en compte au moins un, à côté des disjoncteurs.
Courant alternatif, composante continue : ce que voit chaque différentiel
Un interrupteur différentiel compare en permanence le courant qui part vers un circuit et le courant qui en revient par le neutre. Quand la différence dépasse son seuil (30 mA dans les pièces d'habitation), une partie du courant s'échappe ailleurs, par la terre ou par une personne en contact avec une masse sous tension, et l'appareil coupe. Ce principe vaut pour tous les types ; ce qui les sépare, c'est la forme du courant de fuite qu'ils savent reconnaître.
Le DDR de type AC réagit aux fuites de courant alternatif sinusoïdal, celui que délivre le réseau EDF à 50 Hz. Il convient aux charges simples : ampoules, résistance d'un radiateur, prise de lampe, chauffe-eau à résistance. Sa limite tient à l'électronique : un variateur, un moteur piloté ou une alimentation à découpage génère des fuites redressées, avec une composante continue que le tore d'un type AC repère mal. Le dispositif peut alors rester fermé alors qu'un défaut existe, ou se saturer et perdre sa capacité de déclenchement.
Le modèle de type A détecte tout ce que voit un type AC, plus les courants de fuite alternatifs redressés (dits « pulsés ») et une composante continue lisse jusqu'à 6 mA superposée, selon la norme produit IEC 61008-1. C'est la raison de son marquage, un sinus suivi d'une demi-onde, à côté du seul sinus du type AC. Sur une installation électrique récente, où la plupart des appareils embarquent une carte de commande, cette différence devient la vraie ligne de partage.
Le risque visé reste la sécurité des personnes : 30 mA correspond au courant au-delà duquel une fuite qui traverse le corps expose à une fibrillation cardiaque. Protéger chaque circuit par une protection adaptée à ses appareils relève donc de la sécurité avant de relever de la conformité. Un défaut d'isolement sur un fil abîmé expose à deux dangers distincts : l'électrocution d'une personne et l'incendie, quand le courant de fuite chauffe un composant ou un fil caché sous une plinthe. Le disjoncteur de branchement EDF, en tête, assure une protection différentielle générale (souvent 500 mA) qui ne suffit pas pour les personnes ; l'ensemble de ces règles figure parmi les normes des installations électriques et solaires.
Comparer les types AC, A, F et B critère par critère
Quatre types de DDR existent sur le marché résidentiel et tertiaire. Le type F et le type B restent des produits de niche dans une habitation, mais ils éclairent la logique de la gamme : chaque lettre ajoute une forme de courant de fuite à celles de la précédente.
| Critère | Type AC | Type A | Type F | Type B |
|---|---|---|---|---|
| Fuites détectées | Courant alternatif sinusoïdal | Alternatif + redressé, continu lisse jusqu'à 6 mA | Comme A + fréquences mixtes | Comme F + courant continu lisse |
| Circuits typiques | Éclairage, prises, radiateurs à résistance | Cuisinière, lave-linge, borne de recharge | Pompe à chaleur, climatisation à variateur | Borne sans détection 6 mA, certains onduleurs |
| Exigence NF C 15-100 | Standard des autres circuits | Au moins un par installation | Selon la notice du matériel | Selon la notice du matériel |
| Niveau de prix relatif | Le plus bas | Intermédiaire | Plus élevé | Nettement plus élevé |
La grille se lit de gauche à droite comme une échelle : un type A protège correctement un circuit prévu en type AC, l'inverse n'est jamais vrai. Remplacer un type AC par un type A sur un circuit de lampes reste donc permis ; poser un type AC sur la ligne d'une table à induction rend l'installation non conforme.
Quels appareils nécessitent un type A ?
Un dispositif de type A s'impose dès qu'un appareil redresse le courant pour alimenter un moteur à vitesse variable ou un convertisseur. La norme NF C 15-100 nomme trois usages chez un particulier : le circuit de la plaque de cuisson ou de la cuisinière, le circuit du lave-linge, et le circuit dédié à une borne de recharge de véhicule électrique (IRVE). Ces trois lignes passent obligatoirement derrière un interrupteur différentiel type A 30 mA.
Le besoin d'un type A se repère avant de brancher l'appareil : la notice, disponible sur le site du fabricant, mentionne le dispositif nécessaire, et cette information prime sur une habitude d'installateur. Les appareils qui génèrent des fuites redressées sont aujourd'hui les plus fréquents dans une cuisine ou une buanderie. L'avantage d'un disjoncteur de type A tient à sa capacité à détecter des perturbations que le type AC ignore : protéger un circuit domestique à variateur avec un type AC revient à laisser une fuite sans réponse, et un appareil peut générer ce défaut des années après sa pose.
Les équipements pour lesquels le type A est conseillé
D'autres équipements produisent le même genre de fuite sans figurer dans la liste obligatoire : lave-vaisselle et sèche-linge récents, four à pyrolyse, congélateur à compresseur inverter, pompe de piscine à vitesse variable, ampoules LED gradables. Les placer derrière le type A évite les coupures intempestives et les défauts non détectés. Pour une pompe à chaleur ou une climatisation, la notice du fabricant indique le type exigé, souvent A et parfois F.
Les variantes « immunisées » du type A
Les fabricants proposent des types A renforcés contre les déclenchements dus aux parasites : Hpi chez Legrand, Si chez Schneider Electric, Hi chez Hager. Un congélateur, un serveur ou une alarme y gagnent en continuité de service, car un orage ou un démarrage de compresseur ne coupe plus le circuit. Ces modèles restent des types A au sens de la norme, avec la même sensibilité de 30 mA. Legrand et Schneider Electric publient pour chaque référence une fiche d'information technique qui précise les formes de courant reconnues.
Type A ou AC : borne, ancien tableau, solaire
Quand utiliser un disjoncteur type AC ?
Un disjoncteur différentiel type AC se justifie sur les circuits sans électronique de puissance : points lumineux classiques, prises des chambres et du séjour, convecteurs, chauffe-eau à résistance. C'est la solution standard pour la majorité des lignes d'une maison.
Une borne de recharge se contente-t-elle d'un type A ?
Une borne de recharge demande au minimum un type A, à condition qu'elle intègre une détection du courant continu de 6 mA ; sans cette fonction, la ligne exige un type B. La fiche technique de la borne précise le dispositif à prévoir en amont.
Une vieille installation tout en type AC est-elle dangereuse ?
Une ancienne installation entièrement en type AC protège encore contre la plupart des défauts, mais elle reste aveugle aux fuites à composante continue des appareils récents. Lors d'un diagnostic ou d'un ajout de circuit, l'électricien remplace au moins la tête de la rangée cuisine et lave-linge par un type A.
Combien d'interrupteurs différentiels type A et AC dans un tableau électrique ?
La répartition entre type A et type AC dépend de la surface du logement dans la NF C 15-100, qui fixe un nombre minimal d'interrupteurs différentiels 30 mA et leur calibre :
- moins de 35 m² : un interrupteur type AC 25 A et un type A 40 A ;
- de 35 à 100 m² : deux interrupteurs type AC 40 A et un type A 40 A ;
- plus de 100 m² : trois interrupteurs type AC 40 A et un type A 40 A.
Chaque interrupteur de ce genre protège au plus huit circuits, chacun derrière son disjoncteur divisionnaire. Le type A reçoit les lignes spécialisées (cuisinière, lave-linge, souvent lave-vaisselle et four), les types AC se partagent les points lumineux et les prises en équilibrant la charge. Un chauffage par convecteurs puissant impose parfois un calibre de 63 A ; le calcul se fait sur la somme des disjoncteurs en aval, corrigée d'un coefficient de foisonnement. Les autres règles de rangée, de réserve et de repérage figurent dans le détail des exigences du tableau électrique selon la NF C 15-100.
Exemple pour un appartement de 70 m² : un premier type AC 40 A sur l'éclairage et les prises du séjour et des chambres, un second type AC 40 A sur les radiateurs et la salle de bain, un type A 40 A sur la plaque de cuisson, le lave-linge, le lave-vaisselle et le four. Ajouter une borne de recharge plus tard demandera une ligne dédiée, avec son propre dispositif.
Panneaux solaires et onduleur : le cas de l'isolation galvanique
Une installation photovoltaïque pose une question particulière, car l'onduleur raccordé au réseau intérieur convertit le courant continu des panneaux solaires en courant alternatif. Un onduleur sans isolation galvanique (sans transformateur) peut, en cas de défaut, laisser passer une fuite de courant continu vers le circuit alternatif, ce qu'un type AC ne voit pas.
Le guide UTE C15-712-1 renvoie à la notice de l'onduleur : la plupart des modèles récents intègrent une surveillance interne des fuites et autorisent un type A en amont, d'autres exigent un type B. La mention figure dans la documentation technique du fabricant et le Consuel la vérifie lors du contrôle ; le déroulé de cette visite est décrit dans les étapes du visa Consuel d'une installation photovoltaïque. Les onduleurs couplés à une batterie suivent la même logique, avec parfois des exigences propres expliquées à propos du fonctionnement d'un onduleur hybride.
Installer ou remplacer un interrupteur différentiel : calibre, sensibilité, marquage
Choisir un DDR revient à fixer trois paramètres, chacun avec un rôle différent. Le type (AC, A, F ou B) découle des appareils alimentés. La sensibilité reste de 30 mA pour tous les circuits terminaux d'un logement, seuil qui protège les personnes. Le calibre (25, 40 ou 63 A), soit l'intensité maximale admise, doit couvrir la somme des disjoncteurs divisionnaires en aval, avec le foisonnement prévu par la norme.
Le marquage sur la face avant permet de vérifier le matériel avant achat : lettre du type, symbole de forme d'onde, sensibilité en mA et intensité nominale. Un interrupteur différentiel n'a pas de pouvoir de coupure en court-circuit propre : la protection contre les surintensités vient des disjoncteurs placés derrière lui, tandis qu'un disjoncteur différentiel combine les deux fonctions dans un seul module, souvent utilisé pour un circuit isolé.
Installer un type A uniquement sur les lignes obligatoires reste le minimum ; un électricien professionnel recommande également de le prévoir sur toute ligne destinée à recevoir plus tard un équipement à vitesse variable, car le choix fait à la pose évite de reprendre la rangée. Mettre à jour un coffret ancien suit la même mesure : ajouter un type A de tête sur la rangée cuisine suffit souvent, sans tout remplacer. Utiliser un disjoncteur différentiel type A pour un circuit isolé, comme celui d'une pompe de piscine, simplifie aussi son utilisation.
Le remplacement se fait installation hors tension, au disjoncteur de branchement EDF, et relève d'un électricien dès qu'il touche à la répartition. Un test mensuel par le bouton « T » contrôle le mécanisme de déclenchement, et ce geste d'une seconde garde la protection en état de service jour après jour.

